Publié le : 25/02/2026 - 16:40 Le candidat de centre-droit à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel a mis l'accent sur son refus d'alliance au second tour des municipales, avant d'être contredit par Édouard Philippe, l'un de ses soutiens de poids. "Je ne rejoindrai ni Grégoire ni Dati au second tour. Je mène campagne pour gagner", a-t-il déclaré au micro de France Inter. L'ex-Premier ministre Édouard Philippe et patron d'Horizons a toutefois donné un autre son de cloche quelques heures plus tard. Interrogé par l'AFP, le maire du Havre a indiqué qu'il fera "tout" pour "l'alternance" à Paris, "avec un grand rassemblement de la droite et du centre" au second tour. Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet s'est dit prêt à s'allier avec La France insoumise (LFI) au second tour des municipales, lors d'un débat télévisé avec ses rivaux. Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec cette dernière, le maire sortant a répondu pour la première fois clairement "oui", "mais à certaines conditions", notamment que personne dans son équipe ne soit "impliqué dans des violences". Quant à une fusion des listes si la député parvenait à atteindre la barre des 10 % pour se maintenir, Grégory Doucet ne l'a pas exclu : "Le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message" et "notre responsabilité" sera de les entendre. Au sujet des alliances de second tour, La France insoumise proposera des accords de "rassemblement" aux autres formations de gauche si elle arrive en tête au premier tour des élections municipales. "Lorsque les insoumis arriveront en tête au premier tour, ils proposeront le rassemblement et ils créeront les conditions pour le rassemblement, notamment avec les autres listes de gauche", a dit sur BFMTV Mathilde Panot, patronne des députés LFI. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de gauche radicale, a confirmé ce choix sur RTL, expliquant que cela servirait à "battre la droite et l'extrême droite". Il a ajouté que si un autre parti que LFI arrivait en tête au premier tour dans une commune, ce serait à lui "de proposer ou de ne pas proposer le rassemblement". De son côté, le Parti socialiste admettra dans de "rares cas de figure" des rapprochements avec LFI au second tour des municipales, mais seulement si les candidats insoumis clarifient "leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique", a expliqué à l'AFP le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet. "Comme au premier tour, il n'y aura pas d'accord national avec La France insoumise", précise Pierre Jouvet. Mais il fixe les conditions d'un tel rapprochement : "Si dans de rares cas de figure, la volonté de certains candidats insoumis est de rejoindre les listes d'union de la gauche au second tour, alors ils doivent clarifier leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique, et à cette forme d'hooliganisation de la vie publique", ajoute-t-il. S'ils refusent, "ils ne peuvent pas espérer d'accord avec nous. La responsabilité est chez eux, pas chez nous". L'ex-candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets a été appelée à la rescousse par le camp d'Emmanuel Grégoire, à deux jours de la clôture des listes, pour remplacer la maire écologiste du 12e arrondissement, écartée pour soupçon de management toxique. La situation n'était plus tenable pour Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée il y a une semaine par Mediapart, qui révélait une mairie devenue une "cocotte-minute, minée par la souffrance au travail et les départs". Au total, seize départs ont eu lieu au sein de son cabinet en moins de cinq ans, selon son ex-directeur de la communication Maël Coutand, qui évoque également quatre directeurs de cabinet et quatre chefs de cabinet différents. À Marseille, le candidat du Rassemblement national Franck Allisio a appelé à une "union" avec Martine Vassal (divers droite) lors du second tour des municipales à Marseille pour faire "barrage à l'extrême gauche". "Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare parce qu'il faut faire barrage dans cette ville à la gauche et à l'extrême gauche", a déclaré le député RN des Bouches-du-Rhône, lui-même ex-LR, lors d'un débat organisé par BFMTV et le quotidien régional La Provence entre les quatre principaux prétendants à la mairie de Marseille. La candidate de la droite et du centre Martine Vassal a refusé cette main tendue. L'ex-patron de l'Olympique Lyonnais et candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas a souhaité que soit accroché sur l'Hôtel de Ville un portrait du militant nationaliste Quentin Deranque. "Par ce symbole, Lyon n'honorera pas seulement la mémoire d'un de ses fils : elle marquera son refus implacable de la violence et de la haine", a écrit Jean-Michel Aulas dans une tribune publiée sur le site d'Actu Lyon. "On est dans la capitale de la Résistance", a répondu l'écologiste Grégory Doucet sur BFMTV. "Mettre le portrait de quelqu'un qui ne me semble pas, du fait de ses affiliations, représenter l'histoire humaniste de Lyon ne me semble pas approprié". Crash-test avant la présidentielle pour La France insoumise La France insoumise, qui présente pour la première fois de nombreux candidats aux municipales (15 et 22 mars), a vu sa campagne percutée par la mort du jeune nationaliste Quentin Deranque. Alors que les insoumis misaient sur ce scrutin pour préparer la présidentielle 2027, l’impact de cet événement sur le choix des électeurs reste difficile à appréhender. Attaquée après la mort de Quentin Deranque, LFI poursuit sa campagne près de Lyon "avec vigilance" À Villeurbanne, près de Lyon, les militants de La France insoumise poursuivent leur campagne municipale malgré le climat politique tendu provoqué par la mort de Quentin Deranque. Entre consignes de sécurité renforcées, inquiétudes locales et discussions de terrain, le parti maintient ses actions, sans rompre le dialogue avec les habitants. Des boulets aux pieds, Emmanuel Grégoire fait de son mieux pour surnager Le candidat de l’union de la gauche hors La France insoumise fait face à de nombreux handicaps dans cette campagne des municipales à Paris : Emmanuel Grégoire est peu connu, hérite du bilan d’Anne Hidalgo et est confronté au scandale des violences sexuelles dans le périscolaire. De quoi rendre difficilement audible un projet qui se veut à la fois dans la continuité de l’équipe sortante tout en étant différent. La violence d'extrême droite est-elle "dérisoire" comme l'affirme Marion Maréchal ? Depuis le lynchage du militant identitaire Quentin Deranque, c'est la bataille des chiffres qui se mène dans l'arène politique. La violence d'extrême droite est "dérisoire" par rapport à celle de l'extrême gauche, selon l'eurodéputée Marion Maréchal. C'est faux. Panorama des statistiques sur la violence politique. Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller. Fabienne Keller (Renew) : "Côté ukrainien, ce sont des lions, ils se battent pour l'Europe aussi" Dix jours après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque – tué à Lyon par des militants antifascistes présumés – et alors que la violence politique fait débat, Fabienne Keller estime que le "discours centriste modéré" qu'elle a porté tout au long de sa carrière a aujourd'hui du mal à passer face à la radicalité qui s'exprime sur les réseaux sociaux : "Ce qui marche, c'est ce qui claque !" Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller. 55 % des Français veulent changer de maire Une majorité de Français (55 %) souhaitent l'élection d'un autre maire plutôt que la réélection de leur maire actuel (44 %) aux élections municipales des 15 et 22 mars, selon un sondage Odoxa-Mascaret publié mardi 24 février et réalisé pour Public Sénat et la presse régionale. Un retournement de situation : en juin 2025, une majorité de Français souhaitaient la réélection de leur maire (52 %), tout comme en janvier 2020 (52 %). Si les trois quarts des électeurs voteront "en fonction d'enjeux spécifiques à leurs communes", la part de ceux qui voteront avant tout en "fonction d'enjeux nationaux" a progressé de 5 points en trois mois, passant de 19 % en novembre à 24 % aujourd'hui. Hugo Biolley, devenu en 2020 à 18 ans le plus jeune maire de France, veut rempiler pour un deuxième mandat dans son village ardéchois de Vinzieux. "Je pense que j'ai montré que l'âge n'a pas vraiment d'importance dans notre capacité à faire et à monter des projets", a-t-il dit récemment à France 3. Pendant six ans, il a conjugué ses fonctions d'édile avec sa vie d'étudiant à Sciences Po Grenoble, et compte désormais trouver un travail. Dans une petite commune, le salaire de maire ne suffit pas. Peut-être poursuivra-t-il son chemin en politique ? Il roule pour Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. D'autres candidats tout juste sortis de l'adolescence ambitionnent de lui prendre le titre de plus jeune maire. Comme Quentin Calbris, 18 ans, qui se présente à Giberville, dans le Calvados. À l'autre bout du spectre, Yves Bahu, brigue un douzième mandat malgré ses 93 ans. Il est l'indéboulonnable maire de Priez, dans l'Aisne, depuis 1959, l'aube de la Ve République. Entretemps, la France a connu huit présidents et une trentaine de chefs de gouvernement. Dans sa mairie aussi, les choses ont changé. "Dans le temps, il n'y avait pas d'ordinateur, il n'y avait rien. Tout était écrit sur le papier", a-t-il raconté à France 3. Yves Bahu est le plus ancien maire de France, mais pas le plus âgé : le record revient à son collègue Guy Delattre, 94 ans. Édile de Gorges, dans la Somme, il se présente pour un dixième mandat. Dans certaines communes, les candidats mènent une bataille féroce pour devenir maire. Dans d'autres, c'est pour trouver un candidat qu'il faut batailler. Etchebar, dans les Pyrénées-Atlantiques, Pailloles, dans le Lot-et-Garonne, Villamée, en Ille-et-Vilaine... Quelques exemples tirés de la liste des petites communes qui, mi-février, étaient encore orphelines de candidat. Certains des maires sortants tentent de se trouver un successeur, par exemple en envoyant des courriers au ton presque désespéré aux habitants. Si personne ne se lance, le préfet doit nommer une délégation spéciale pour organiser une nouvelle élection partielle. Il reste peu de temps pour que les listes se matérialisent. Les candidatures seront clôturées le 26 février. Avec AFP
Cacophonie chez Bournazel, LFI sous pression, Lucie Castets de retour : l’hebdo des municipales 2026